Ce qu'elles disent / Miriam Toews

Livre

Toews, Miriam (1964-....). Auteur | Saint-Martin, Lori (1959-....). Auteur

Edité par Buchet Chastel. [Paris] - DL 2019

Colonie mennonite de Molotschna, 2009. Alors que les hommes sont partis à la ville, huit femmes – grands-mères, mères et jeunes filles – tiennent une réunion secrète dans un grenier à foin. Depuis quatre ans, nombre d’entre elles sont retrouvées, à l’aube, inconscientes, rouées de coups et violées. Pour ces chrétiens baptistes qui vivent coupés du monde, l’explication est évidente, c’est le diable qui est à l’œuvre. Mais les femmes, elles, le savent : elles sont victimes de la folie des hommes. Elles ont quarante-huit heures pour reprendre leur destin en main. Quarante-huit heures pour parler de ce qu’elles ont vécu, et de ce qu’elles veulent désormais vivre. Analphabètes, elles parlent un obscur dialecte, et ignorent tout du monde extérieur. Pourtant, au fil des pages de ce roman qui retranscrit les minutes de leur assemblée, leurs questions, leur rage, leurs aspirations se révèlent être celles de toutes les femmes. Inspiré d’un fait divers réel, Ce qu’elles disent est un roman éblouissant sur la possibilité pour les femmes de s’affranchir ensemble de ce qui les entrave.

  Coup de coeur

De 2005 à 2009, dans une colonie mennonite de Bolivie, une centaine de femmes se sont fait violer et tabasser dans leur sommeil après avoir respiré un sédatif pour bétail, pulvérisé sous forme de spray. Les victimes de 65 ans à 3 ans se réveillaient, le corps couvert de bleus ne se souvenant de rien. « Ces pécheresses sont visitées par Satan » disaient les responsables religieux. Huit hommes de la colonie ont été arrêtés et condamnés par la justice bolivienne. Inspiré de ces faits réels, le roman de Miriam Toews (elle-même a grandi dans une communauté mennonite du Canada) imagine que huit femmes se réunissent dans une grange pour discuter et décider de leur sort. Elles sont analphabètes, ignorent tout du monde extérieur. Elles ont 48 heures pour réfléchir aux trois possibilités qui s’offrent à elles : ne rien faire, partir vers l’inconnu, rester et affronter leurs agresseurs. Il leur est très difficile d’imaginer une société où « les femmes seraient autorisées à penser », où « les filles apprendraient à lire et écrire ». Déshumanisées, entièrement soumises au bon vouloir des hommes, elles vont peu à peu prendre conscience de leur force. « Ce roman époustouflant, triste et choquant mais aussi bouleversant, inspiré d’un fait réel semble tout droit sorti de « la servant écarlate » »Margaret Atwood. Brigitte.

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